Le gouvernement a décrété, le 24 septembre dernier, le rejet de la motion réclamée par l’Action démocratique du Québec (ADQ). La motion s’intitule: «commision d’enquête publique et indépendante afin de faire la lumière sur les allégations de corruption, de malversation, de collusion et d’infiltration du crime organisé dans le domaine de la construction au Québec». Le verdict rendu à l’Assemblée nationale de Québec par les membres du gouvernement libéral de Jean Charest indique un refus de 56 votes contre 44. L’ADQ, le Parti québécois et le député de Québec solidaire, Amir Khadir, ont appuyé la motion.
La décision d’exclure la tenue une enquête publique s’avère l’objet d’une controverse du côté de l’opposition. L’ADQ et le PQ s’entendent pour dire que l’enquête publique doit être justifiée par le nombre croissant d’allégations de malversations et de corruption dans l’octroi de contrats. De plus, la chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy, a mentionné l’importance d’une enquête publique avec les 42 milliards de dollars d'investissements prévus d'ici 2013 dans la réfection et le développement des infrastructures du Québec.
Le whip du gouvernement, Pierre Moreau, affirme que le rejet de la motion s’explique par les enquêtes policières en cours. Il a également répondu que si le travail policier ne suffit pas, le gouvernement devra prendre les décisions nécessaires.
L’industrie, surveillée de près
Le 23 septembre dernier, un jour avant l’annonce qu’il n’y aura pas d’enquête publique sur l’industrie de la construction, la Cour supérieure du Québec a rejeté une injonction contre la Société Radio-Canada et le journaliste de l’émission Enquête, Alain Gravel. C’est Gilles Audette, le bras droit du président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arseneault, qui a voulu empêcher la diffusion de ces propos dans le reportage «le fonds sous influence». L’émission divulgue des pratiques de favoritisme du Fond de solidarité FTQ pour l’un des plus gros entrepreneur en construction du Québec.
Le jugement de la Cour a statué que l’enregistrement ne contrevient pas à la loi et qu’il relève d’une affaire d’intérêt public, laissant ainsi le libre cours à Radio-Canada d’avoir diffusé le reportage à la télévision et de le rendre accessible sur le site web.
Sources: radio-canada.ca et le site de l’Assemblée Nationale: assnat.qc.ca
Lien: pour visionner le reportage de l’émission Enquête,
www.radio-canada.ca/emissions/enquete/2009-2010/ |