| Médiation,
arbitrage, litige, quelles sont les différences?
par Me Mark Savard
En matière de construction, plusieurs
situations légales surviennent. Depuis
quelques temps, les modes de solutions de
conflits varient et prennent de l’importance.
Chaque mode de résolution, ayant
ses adeptes et précurseurs et chacun
ayant, sans contredit, son utilité.
Négociation raisonnée. L’entente
à l’amiable est encore le mode privilégié
des règlements de problèmes
légaux en toutes matières
surtout lorsqu’elle survient rapidement
dans un dossier suite à une opinion
légale éclairée et
à des faits bien circonscrits. La
négociation n’implique pas que les
parties soient en présence et, elle
peut éviter les coûts d’arbitrage,
de médiation et de litige dans un
délai plus qu’avantageux. Elle dépend
de la raisonnabilité des parties.
Si aucune entente ne survient, le litige
devra suivre son cours.
Litige. Le litige existe suite à
une situation légale problématique
lorsqu’une plainte est formée officiellement
et correctement. Cette étape malheureusement
est souvent essentielle pour faire «
bouger les choses » lorsque les premières
négociations échouent ou la
partie adverse fait la sourde oreille ou
se cache la tête dans le sable. Il
existe peu ou pas de frais de procédures
devant la plupart des instances administratives.
À titre d’exemple : le dépôt
d’une plainte en congédiement devant
les Normes du travail ou pour pratique interdite
ne coûte que le temps. Le litige mène
généralement à un procès
ou une audience au bout de laquelle un ou
des décideurs impartiaux trancheront
le débat en faits et en droit.
La médiation. La médiation
est une forme d’alternative aux moyens traditionnels
de résolutions des conflits et constitue
l’approche souhaitable à tout moment
dans le litige. Elle implique que les parties
soient en présence, capables de discuter
de la situation et de faire des compromis.
Les Cours et tribunaux administratifs offrent
maintenant gratuitement un service de médiation.
Cependant dans ce cas, un litige ou une
plainte doit avoir été déposé
au préalable. Il est possible que
dans un futur rapproché, les services
de médiation de ces instances soient
offerts sur demande et sans dépôt
d’une plainte. Les parties peuvent rapidement
convenir du choix d’un médiateur
privé. Celui-ci ou celle-ci tentera
par diverses techniques éprouvées,
de résoudre le conflit de façon
satisfaisante ou « gagnant-gagnant
» pour reprendre l’expression populaire
des motivateurs. Il faut savoir que toute
médiation, sauf celle où la
médiation est fournie par les Cours
ou l’État (par exemple en matière
familiale), entraîne les frais du
médiateur et des avocats en présence.
Les litiges de nature contractuelle en construction
se prêtent bien à la médiation.
L’arbitrage. L’arbitrage existe surtout
en matière commerciale et en droit
du travail en présence d’une convention
collective. Il semble aussi que la tendance
des règlements en matières
internationales passe par les arbitrages
(exemple : en matière d’usurpation
- nom de domaine). Il existe aussi un système
d’arbitrage au Québec pour l’application
de la garantie de construction des maisons
neuves. L’arbitrage a ses propres règles
de preuves et de procédures. Une
audience en arbitrage, à part certains
aspects, ressemble beaucoup à un
procès et peut coûter cher.
Conclusion. Le choix d’un mode de résolution
de conflits dépend du moment de la
survenance du conflit par rapport aux relations
entre les parties, des enjeux et des lois
qui s’appliquent au conflit. |